Sarah Tailleur Photographe »

Celle qui n’était pas bonne en math.

De plus loin que je me souvienne, je n’ai jamais eu de facilité avec les chiffres. Les comprendre, les calculer, les diviser ou les mesurer. Je n’ai jamais eu ça dans le sang. J’ai toutefois l’impression que toute ma vie, il était nécessaire d’être bonne en mathématique. Que l’avenir appartenait seulement aux esprits scientifiques et mathématiques.

La première fois que j’ai réalisé que je ne l’avais pas, c’était chez mon ami Yannick au primaire. Un petit blond qui habitait au coin de la rue avec qui j’aimais jouer. J’avais environ 10 ans et sa mère nous faisait réviser notre table de multiplication. Je m’en souviens comme si c’était hier, la table de 8. Yannick s’en sortait plutôt bien, on voyait qu’il avait bien encaissé l’information. Puis, mon tour. Le silence radio, je n’avais aucune idée des réponses. Je me sentais tellement nulle en voyant les yeux se diriger vers moi.

Mon parcours au secondaire n’a pas été bien plus glorieux. Le seul chiffre que je comprenais était que si j’avais 60%, je passais. Alors, j’ai passé. Non sans difficulté. En secondaire 3, c’était le temps de s’inscrire aux fameuses mathématiques 436. Tous mes amis y allaient, j’ai donc essayé de faire le test pour savoir si je pouvais y être admise simplement pour être avec eux. J’ai finalement été une des rares à me diriger vers les 416. On ne pense même pas au 536!

Tout au long de mon parcours académique, j’ai cru que j’irais moins loin que mes collègues à cause de ce handicap. De mon cerveau qui ne peut apprendre des informations par coeur et qui ne déchiffre pas les questions mathématiques. Que mon côté artistique et mon amour pour l’écriture valaient toujours moins qu’un bon mathématicien. Aujourd’hui, je réalise que c’était tellement faux. Que mes forces étaient aussi leurs faiblesses.

En fait, les talents de chaque humain servent à se compléter. Je ne suis toujours pas très bonne avec les chiffres. J’ai maintenant une planificatrice financière en or (Laurie Therrien) et une excellente comptable. Elles m’aident à gérer mes finances et les chiffres de mon entreprise. Le principe est simple, je paie et elles me fournissent leur talent. Elles font ce que je mettrais des heures à comprendre (ou pas!). Et moi, bien je suis heureuse de me concentrer sur mes passions. Le meilleur dans ça? C’est que ces deux femmes sont aussi mes clientes. Elles ont l’esprit mathématique, mais ont besoin de moi quand vient le temps de parler d’esthétisme et de photographie. Elles me complètent et je fais de même.

Une grande partie de mes clients sont des gens du domaine médical, scientifique ou des finances. Plusieurs me font extrêmement confiance quand nous parlons de marketing, de communication, de branding, de photographie ou de design. Plusieurs sont incapables de savoir les couleurs qui s’agencent ou encore comment adapter leur image aux valeurs de leur entreprise. Et pourtant moi, j’y arrive plutôt bien!

Mon message est donc pour tous les adolescents qui ne s’en sortent pas avec cette matière. Principalement ceux qui sont plus artistiques. Vous n’avez pas besoin d’être bon dans tout! Vous avez seulement besoin de trouver votre passion et de la suivre. Je suis pas mal convaincue que les musiciens que vous aimez, les comédiens qui vous font pleurer, les humoristes qui vous font éclater de rire, les sportifs que vous vénérez, les cuisiniers qui vous font saliver, les entrepreneurs créatifs, n’étaient pas tous des pros des mathématiques et vous savez quoi? Ils ont droit à la réussite. Et vous aussi!

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