Sarah Tailleur Photographe »

Top 5: Le Web, réfléchir avant d’écrire

Depuis les débuts de ce blog, j’ai mis en ligne beaucoup d’articles. Des articles avec des opinions plutôt tranchées, des témoignages assez personnels ou encore des moments professionnels détaillés. C’était parfois difficile de savoir où était la ligne entre le bon et le mauvais goût. Mais surtout,  de réfléchir à comment mes dires pourraient être interprêtés. J’ai fait face à des tempêtes d’opinions, chose à laquelle je m’attendais. D’autres fois, à des insultes gratuites, chose à laquelle je m’attendais moins. Peu importe le résultat, je suis fière de pouvoir affirmer avec certitude que je n’ai aucun regret. Pourquoi? Parce qu’avant de publier un article je me suis toujours posée la question inévitable, mais fort utile: Si des personnes étaient devant moi, serais-je capable de leur dire tout haut ce que je viens d’écrire?

Le Web est une denrée impérissable d’information, d’opinions et de possibilités. Lorsque bien utilisé, on peut en faire des miracles. Pour une entreprise, c’est la manière la plus efficace de connaître ses clients. Toutefois, l’aspect de l’auto-censure est souvent oublié au grand désarroi de tous. On pense que ce qu’on dit sera vite oublié et qu’on passera à autre chose. On pense aussi que le fait d’être seul devant son ordinateur ajoute une barrière entre le destinataire et l’écrivain en herbe. Par contre, le Web n’oublie pas, j’oserais même dire que le Web n’oublie jamais. Ce qui est dit est dit et gravé à vie dans ce merveilleux système informatique. Pour vous aider à ne pas nuire à votre propre image, voici quelques trucs!

1- Mon patron? Ma grand-mère? Mon prof?
Lorsque vous publiez un statut, une photo ou n’importe quelles données que ce soit sur Facebook, Twitter ou un forum quelconque, pensez que le message n’atteindra pas uniquement vos amis les plus intimes. C’est de vivre dans un beau nuage rose que de ce dire que votre page Facebook est aussi privée que vous le pensez. Ayant un grand nombre de clients et de gens qui suivent mon travail dans mes amis personnels Facebook, je vois une tonne de statuts qui auraient mérités quelques secondes de plus de réflexion. Donc, avant de partager quelque chose, demandez-vous quel impact ça aurait si votre patron, votre grand-mère ou votre prof voyait le tout. Si la réponse est que vous seriez renvoyé, probablement retiré de l’héritage familial et suspendu de vos cours… Peut-être n’est-ce pas une idée si pertinente?

Exemples réels:
« Plus capable d’entendre les maudits enfants du voisin »
« Grosse brosse hier, j’me rapelle de rien. Good joobbb! »
« Contente que mon stage soit fini, une journée de plus et je virais folle dans cette ambiance de merde! »

2- L’effet de la colère
Le plus grand problème (mais aussi sa plus grande qualité) du Web est qu’il est instantané. On pose une question, quelques minutes plus tard on y trouve une réponse. C’est plus efficace que les revues et journaux. Malgré tout, il faut réfléchir avant de répondre de façon impulsive. L’instantanéité est la meilleure façon d’oublier de s’accorder une réflexion. Devant votre ordinateur, vous êtes fâché ou déstabilisé. Vous vous dépêchez de répondre le plus rapidement possible pour faire part de votre état d’esprit… ERREUR! C’est la manière la plus efficace pour regretter ses paroles. Parler sous l’effet de la colère est la même chose que d’agir en personne sur l’effet de celui-ci. On dit des paroles qui surpassent nos idées et elles sont souvent empreintes de méchanceté. De plus, c’est un cercle vicieux d’échanges qui dégénèrent par la suite. Vous pouvez vous retrouvez en froid avec quelqu’un sans même l’avoir déjà rencontré. C’est joli le Web non? Pour contrer cet effet, vous pouvez écrire votre point de vue, mais ne le publiez pas. Le lendemain ou même quelques heures plus tard, lorsque la colère sera partie, relisez vos paroles. Vous verrez, vous enlèverez beaucoup de mots. Ça finira presque en «Je t’aime et je regrette ce que j’ai dit».

Exemple réel:
« Esti que jai hate davoir une otre job, jhaiis tellement les tartes ak qui je travail »

3- Lancer des bombes sans regarder où elles tombent
Insulter quelqu’un derrière un écran d’ordinateur… Rien de plus simple. Pourtant, la portée de vos mots auront la même intensité que si vous lui disiez en personne. Pire, l’interprétation de vos mots entrera aussi dans le contexte de ses émotions. Pensez à la personne que vous visez. Que vous la connaissiez ou pas, peut-être qu’elle ne va pas bien aujourd’hui? Peut-être que son grand-père vient de décéder? Peut-être que son conjoint vient de la tromper? Peut-être que son enfant est hospitalisé et qu’elle n’a pas dormi depuis 2 jours? Le Web n’est pas uniquement une question de comment vous vous sentez, mais aussi de comment votre message pourrait être interprété.

Exemple réel:
Une personne commente une photo que j’ai publié d’une femme qui a subit une mastectomie. Elle écrit «ARK». Se doutant point que ma mère a subit la même chirurgie il y a à peine quelques mois. Je ne l’ai vraiment pas bien pris.

4- Du personnel au public
Les ados sont particulièrement spécialistes sur ce point. Ils prennent un problème personnel ou un conflit et le partage à la vue de tous. Résultat, une foule de personnes qui ne sont pas concernées ajoutent leur point de vue. Une tempête dans un verre d’eau qui regroupe beaucoup trop de gens pour un conflit qui se voulait à la base entre 2 personnes. La vengeance qui anime les personnes n’aident en rien leur situation. De plus, un grand nombre de personnes ne s’intéressent pas à votre problème. Votre vie privée doit parfois rester justement privée.

Exemples réels:
« Je ne suis plus capable de vivre avec des criss d’hypocrites comme toi » (a récolté 34 commentaires)
« Je me sens tellement seule, pas d’allure… comment on a pu se rendre là » (a récolté 17 commentaires)
« Ne faite pas confiance à ce que vous pensez être des amies. Elles te feront chier dès que tu auras le dos tourné » (a récolté 43 commentaires)

5- Une foule hétérogène
En publiant sur le Web, vous ne visez pas uniquement des personnes de votre âge, qui pensent comme vous, qui ont la même situation financière et personnelle. Vous ne pouvez croire que votre message sera parfaitement interprété et que toutes les opinions seront la même que la vôtre. Il faut penser que des enfants, des adultes, des gens scolarisés ou avec peu d’éducation, avec aucun enfant ou 6 enfants, gagnant moins de 20 000$ par année ou encore plus de 100 000$, travaillant pour l’impôt ou encore la dpj, pourront voir votre message.

Exemple réel:
« L’allaitement, c’est beau on en a assez parlé. On est pas tous hippie »

Malgré tous ces trucs, il faut comprendre que le fait de partager son opinion est aussi de ce fait votre accord à recevoir celle des autres. Si vous envoyez une opinion dans les airs et vous refermez par la suite, attendez-vous à faire des mécontents. Tout comme dans la vrai vie, il faut savoir être respectueux.

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