Sarah Tailleur Photographe »

Personnel : damné premier trimestre

Le test de grossesse positif est désormais derrière nous. On devrait même plutôt dire « les tests », car on en fait 4 au minimum avant d’y croire. Les futurs parents sont désormais au courant de cette grande nouvelle qui amènera bien des bouleversements. Puis, viendront les 3 trimestres qui mèneront à la naissance d’un bébé. Son bébé. Comme on doit commencer quelque part, c’est donc le premier trimestre que l’on devra apprivoiser avant les autres. Ce maudit premier trimestre comme j’aime (ou je n’aime pas) l’appeler.

Pour la future maman, le cheminement de la grossesse débute. Parfois avant même de faire le test, on se savait enceinte. Les questionnements de toutes sortes, passant de « Est-ce que je suis prête? » à « Vais-je mener ma grossesse à terme? », mais aussi les symptômes qui peuvent s’installer. On s’entend, c’est souvent au premier trimestre qu’on en ressent le plus! La nausée, parfois même les vomissements, les crampes dans le bas-ventre, une humeur irritable, la fatigue incontrôlable qui donne envie de dormir n’importe où, les seins douloureux, la pilosité ou encore les vertiges… Même sans le bedon, la grossesse peut être assez bien ressenti par la maman. Elle sait que c’est vrai, que c’est là. Elle sent qu’il y a quelque chose de différent. C’est peut-être minuscule, mais ça existe. Du côté de papa, il n’y croit pas toujours, tant qu’il n’y aura pas eu d’échographie ou de ventre arrondi, c’est trop abstrait. Alors, pendant que la future maman fait les 100 pas dans sa tête et que son corps se transforme en usine créatrice de bébé, il y a papa qui n’est pas du tout sur la même longueur d’onde. Pour lui, c’est aussi des questionnements, mais quand il vous regarde, ce n’est rien de concret. Personne ne vous ouvrira la porte au IGA, personne ne vous cédera sa place dans l’autobus, personne ne vous parlera du bébé que vous portez, de comment vous vous sentez, de vos peurs et de vos inquiétudes, car personne ne le voit… Vous vous transformez invisiblement.

Le premier trimestre, c’est donc le tabou des trimestres. La majorité de nous attendons d’atteindre nos 12 semaines de grossesse avant de l’annoncer. Peur de la fameuse fausse-couche. Peur des problèmes qui peuvent survenir. D’ailleurs, je ne me souviens plus combien de fois j’ai vérifié si j’avais du sang lorsque j’allais aux toilettes. C’est un incontournable du premier trimestre. Vivant dans la peur d’en apercevoir. Pendant ce temps, papa, lui, va pisser sans s’inquiéter. Quand une fausse-couche survient, on s’attend à ce que la maman s’en remette rapidement. Après tout, ce qui ne se voit pas n’existe pas? C’est un fait, on ne s’intéresse pas à un foetus avant de voir un bedon rond. Toi, premier trimestre, je te déteste!

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