Sarah Tailleur Photographe »

Travailleur autonome: « Je fais ce que j’aime. »

Avec les années, je réalise que la majorité des gens ont peu de choix quant aux tâches qui leur sont attribuées au boulot. Certains détestent littéralement leur travail, tandis que d’autres se confinent à accepter avec indifférence de ne pas apprécier leurs journées. Évidemment, il y a des parcelles de passionnés partout, même chez les salariés. Des gens qui ont trouvé l’emploi de leur rêve et qui adorent le pratiquer. Ces personnes, quand on les rencontre, on les reconnait tout de suite. Des gens avec qui on a du plaisir à collaborer, qu’ils soient planificateurs financier ou notaires. J’ai même vu la différence chez des réceptionnistes. Certaines sont passionnées et passionnantes, elles prennent leur boulot à cœur, et ça donne envie de leur apporter un café à chaque rendez-vous. D’autres, bien… c’est ça! En tant que travailleuse autonome, c’était la raison qui guidait mes choix, je voulais toujours faire ce que j’aime. Pourtant, mon entourage et même les gens que je côtoie peu s’efforcent toujours de me trouver L’OCCASION d’affaires exceptionnelle. À savoir pourquoi je ne ferais pas plus de mariages alors que le marché est bon, ou encore pourquoi est-ce que je ne ferais pas plus d’évènementiels ou de photographies sportives? Voici pourquoi…

La passion, c’est une petite boule de chaleur dans le ventre. C’est ce qui fait qu’un projet te donne envie de sauter sur place ou encore te fait chercher les bons mots pour le refuser poliment. Cette flamme de passion, elle n’est pas acquise. Comme un vrai feu, on doit l’alimenter à coup de projets fous et de plaisir. Travailler avec des minis humains qui me font un câlin avant de partir, qui me racontent leurs histoires impossibles ou encore avec des futures mamans au coeur d’or et avec des entreprises qui font de nos expériences communes un succès, c’est ce qui place quelques bûches dans mon feu passionnel. C’est ce qui me donne envie de travailler. S’ajoute à ça la joie de travailler chez moi, parfois en « mou », de ne pas me « taper » le traffic que je déteste ou encore les tâches routinières qui me font mourir d’ennui. De faire les choses à ma façon, quand je le veux. De choisir mon horaire et de voir ma fille même sur semaine, ça c’est comme lancer de l’essence dans mon feu passionnel. La passion professionnelle n’est pas uniquement par rapport au métier qu’on pratique, mais aussi par rapport à ce que celui-ci nous permet de faire ou de vivre. Et attention, je ne parle pas d’argent! Je parle de moments que je vies quotidiennement que ce soit en passant des séances à rire avec des clients, mais aussi en préparant mon souper à la Mijoteuse pendant que je retouche mes photos au studio. Ces conditions, je les aies choisies et je veux tellement les conserver. Oui, j’ai les compétences et le «titre» de photographe. Oui, je pourrais probablement décider de me lancer en photographie sportive ou d’architecture, de faire bien plus que ce que j’aime dans le but d’obtenir plus de mandats ou de profit. Mais est-ce que ça me ferait tripper? Est-ce que ça me ferait me lever le matin avec le sourire et la flamme vive? Non, parce que si je faisais ça à temps plein, ce serait l’équivalent de jeter de la neige sur mon feu passionnel simplement parce que je n’aime pas ça. Il n’y a pas de raisons rationnelles, juste l’amour et la passion qui n’y sont pas. Des occasions d’aller plus loin et d’en faire plus, il y en a dans tous les métiers. Chaque être humain est unique et peut suivre des chemins différents et les adorer. Un photographe qui se passionne pour les évènements sportifs aurait probablement la même réaction que moi lorsque j’attends une famille que je connais bien. Le sourire, le bonheur, le plaisir qu’on ressent par en dedans. Il serait satisfait d’avoir SA shot, même chose pour moi. Mais échangez nos places et probablement qu’on veut arrêter en moins de deux semaines. On pourrait faire le même exercice avec deux médecins. L’un se passionnant pour la médecine d’aide en fin de vie et l’autre pour la médecine pédiatrique… Échangez leur place une journée et vous ferez probablement deux malheureux. Pourtant, ce sont deux médecins.

Ce que je veux dire par là, c’est que peu importe votre domaine ou votre métier, choisissez de faire ce qui vous passionne. Ne faites pas quelque chose parce que l’argent semble facile ou encore parce qu’il vous permettra d’avoir une plus grosse maison. Faites-le parce que vous êtes passionné, parce que ça vous fait vivre par en dedans, parce que ça vous rend heureux. C’est primordial d’être heureux. De plus, quand on est quelqu’un de passionné, c’est souvent quand on est dans notre élément que l’on fait de grandes choses. C’est rarement le scientifique borné qui découvre un remède contre une maladie… C’est rarement la mannequin poussée par sa mère qui réussira à obtenir une carrière internationale… C’est rarement la décoratrice d’intérieur qui le fait juste pour s’occuper qui aura des contrats pour des magazines… Quand on est passionné et qu’on se donne. Quand « on fait ce qu’on aime », c’est là que c’est payant… Autant pour le cœur et l’esprit que pour le porte-feuille.

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