Sarah Tailleur Photographe »

Photographe: Seul métier où il y a des amateurs?

Je ne sais pas si c’est l’expérience ou la sagesse, mais j’apprend de plus en plus à doser mes opinions. J’apprend, c’est plus facile de doser une opinion que de doser les réactions à celle-ci. À mes débuts de ce blog, j’étais un peu plus revendicatrice, peut-être plus du genre à sauter aux barricades. Je me suis épuisée. Quand j’avais moins d’expérience, je n’avais pas de crédibilité pour prouver mes opinions et avec l’expérience, j’ai simplement moins le goût d’emmettre mes opinions qui sont souvent réinterprêtées. Car, avouons-le, certains aiment «beurrer» épais côté réaction. Un sujet qui me faisait hérisser le poil, à mes débuts, était de voir à quel point il pouvait y avoir des photographes de toutes catégories. Des gens qui, à coup d’investissement dans un appareil photo, se proclamaient photographes. Certains qui s’investissaient en vue de devenir professionnel et d’autres préférant être éternellement amateurs. Bien franchement, aujourd’hui, ils ne me dérangent plus tellement. J’oserais même vous dire qu’ils ont leur place dans ce domaine. Pourquoi? Parce que j’ai découvert qu’on est loin d’être le seul métier à devoir vivre avec plusieurs gammes de services. Et surtout, parce qu’à la finale, si ces personnes deviennent ma compétition, c’est que je n’offrirai plus un assez haut niveau de service. Il y a des consommateurs pour tous les types de service et surtout, il y a des services pour tous les types de consommateur. La loi de l’offre et la demande.

C’est en écoutant L’arbitre à V que j’ai réalisé à quel point il y avait des amateurs dans tous les domaines. Que non, les photographes, nous n’étions pas les seuls à devoir côtoyer des gens qui ont moins d’expérience dans notre profession même si on semble parfois l’oublier. Je crois que cette possibilité provient surtout de la demande pour des services d’amateurs ou de débutants. C’est plutôt un choix de consommateur que d’engager un amateur, un débutant , un apprenti ou un professionnel. Et l’une option n’est pas meilleure, ce n’est pas ce que je vous dis. C’est un choix, c’est tout. Peu importe le type de profession que l’on fait, il y aura toujours de gens plus ou moins expérimentés. Et il y aura toujours des clients pour rechercher l’une ou l’autre de ces possibilités.

Par exemple, j’aimerais refaire ma terrasse, elle commence à pencher, elle a environ 20 ans, elle est «maganée» en bon québécois. Évidemment, j’aurai beaucoup de choix et de possibilités pour la réalisation de celle-ci. Ce sera, à moi, consommatrice de choisir combien j’investierai dans le projet et à quel point il s’agit d’une priorité pour moi. L’option #1: Je pourrais décider de la faire moi-même. De faire mes plans, d’aller au Canac, d’acheter mon matériel et de la faire à l’aide d’un vidéo Youtube et de mon copain. Peut-être, tout aussi croche que la précédente, peut-être moins solide, peut-être que la réalisation durera 3 mois et que je perdrai mon été là-dessus. Mais, elle sera neuve et ce sera mon choix principalement économique. Comme je pourrais être en couple avec un débrouillard qui m’en fera une super belle qui me satisfera. C’est un guess que je décide consciemment de prendre. Un peu comme je pourrais choisir de faire faire mes photographies par mon oncle qui a un bon appareil. C’est un choix économique, j’aurai probablement un résultat correct et je pourrai me payer quelque chose de plus important que ces photographies à mes yeux. Ce n’est pas un mauvais choix, c’est un choix de consommateur. Une question de priorités et de budget.

L’option #2: Pour ma terrasse, je pourrais aussi choisir l’entrepreneur qui n’est pas enregistré et qui me demandera de payer cash. Je sauverai le temps de la faire, elle me coûtera pas trop cher, semblera stable et peut-être mieux que mon ancienne. Toutefois, peut-être que l’entrepreneur amateur ne se pointera pas la journée désirée. Peut-être que ma terrasse s’affaissera 6 mois plus tard et que je ne pourrai aucunement avoir des recours contre ces amateurs et que mes contacts avec eux se résumeront à «L’abonné que vous tentez de joindre n’est plus actif». Où bien, je me ramasserai à L’arbitre pour me faire dire «Tu es une tarte, t’as pas de facture, t’as pas de preuve et t’as embauché un ti-coune. C’est ta faute.». Comme, je peux avoir un gars qui fera une belle job avec laquelle je n’aurai aucun problème. Ça, ça peut être le photographe amateur que vous engagerez la journée de votre mariage. Vous paierez pas trop cher et si vous êtes chanceux, il sera à l’heure, n’aura pas de problème de matériel et tout ira pour le mieux. Par contre, vous devrez peut-être vivre avec quelqu’un qui fige lorsque vous lui parler de retouche approfondie ou bien avec des photos sur lesquelles vous semblez peser 20 livres. Vous pourriez autant avoir un bon service, que de regretter amèrement votre choix. C’est un guess, encore une fois que vous décidez de prendre consciemment. Peut-être que vous accordez une priorité un peu plus grande à vos photographies, mais que votre robe ou votre repas nécessiteront un plus gros budget à vos yeux. Ce n’est pas un mauvais choix, c’est un choix de consommateur. Une question de priorités et de budget.

L’option #3: Puis, finalement, je peux choisir de payer plus cher avec une entreprise de rénovation ou un entrepreneur réputé. Je paierai un bon prix, un prix qui habituellement équivaut à la qualité et à la renommée. Qui sait, j’aurai peut-être un service à valeur ajoutée? Une designer qui m’aidera avec les plans? Une réalisation en 3 jours, plutôt qu’en 2 semaines? Une garantie de 15 ans? En plus, j’aurai des recours légaux et je serai plus en confiance. Dans le cas du photographe, c’est de choisir un photographe qui, oui sera probablement un peu plus cher et nécessitera plus de budget, mais vous garantira la paix d’esprit de part la qualité de son travail. Un photographe qui vous attira par son portfolio, ses réalisations et non sa liste de prix. Qui saura en mesure de bien vous conseiller, de vous comprendre et qui s’adaptera à vos demandes avec professionnalisme. Bien entendu, ce type de service répondra plutôt aux demandes de ceux qui placent les photographies comme étant une priorité pour eux. Ce n’est pas un mauvais choix, c’est encore une fois un choix de consommateur. Une question de priorités et de budget.

Là où je veux en venir, c’est que c’est aux consommateurs d’établir leurs priorités et qu’il y a un marché pour tout le monde. Je pourrais décider de payer le bas prix pour ma terrasse et d’acheter une piscine en plus comme celle-ci est plus prioritaire pour moi. Je peux décider d’engager un entrepreneur amateur et d’avoir encore assez d’argent pour payer un nouveau set de patio. Je peux décider de mettre la priorité sur ma terrasse et payer plein prix, mais avoir une paix d’esprit pendant 15 ans. Seul moi peut prendre cette décision et seulement moi sait ce que je désire. Avec l’aire de la communication, du numérique, de l’ouverture sur le monde, plusieurs métiers sont touchés de la sorte. Pensons aux pâtisseries de formation qui doivent vivre avec des créateurs de gâteaux amateurs, aux menuisiers de formation qui doivent vivre avec des rénovateurs amateurs, aux graphistes qui doivent vivre avec le gars qui a photoshop, aux gynécologues qui doivent vivre avec des accompagnantes de naissance parfois sans aucune formation, aux psychologues qui vivent avec des coachs de vie ou encore des aides spirituels, aux dentistes qui doivent vivre avec des esthéticiennes qui font des blanchiments de dents… Bref, la liste est longue… Ce n’est pas à moi de vous dire ce que vous voulez, mais à vous de voir où vous voulez investir!

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