Sarah Tailleur Photographe »

Vie de maman: Les 11 types d’allaitement

L’allaitement est désormais chose du passé pour moi. Je termine en douceur avec mon colosse qui se détache tranquillement de moi. À travers ces mois d’allaitement, j’ai réalisé qu’il y avait vraiment plusieurs façons d’allaiter. Bien que chaque maman ait ses habitudes, j’ai vraiment réalisé que, selon mon humeur (et la sienne), nous avions différentes manières d’adapter les boires. Évidemment avec une touche d’humour, je fais un retour sur toutes les étapes que nous avons pu vivre ensemble. Question de tourner la dernière page de nos 15 derniers mois. Allaiter, c’est aussi ça!

1- L’allaitement «pas chic»
Ça, c’est celui dans les débuts. Cette période d’adaptation où tu apprends à connaître ton bébé entre deux poussées de croissance et une montée laiteuse. Celui qui nécessite que tu te promènes les boules à l’air dans la maison en quasi-permanence avec un bébé assoiffé. T’as peut-être même des feuilles de chou dans le décolleté ou bien tu viens de découvrir que c’est possible d’avoir des ampoules sur les seins. Cet allaitement où tu ne sens pas super bon, que tu ne te souviens plus de ta dernière douche et que tu es cernée jusqu’aux oreilles. Tu n’as rien de Mahée Paiement et tu ne comprends pas trop comment ça elle disait qu’allaiter c’était «glamour». Un dur moment à passer.

2- L’allaitement réconfortant
Ce boire que tu prépares et que tu as hâte de donner. Tu as mis ton plus beau pyjama (en fait celui avec lequel c’est facile d’allaiter), tu as tes gros bas en laine et tu te sens comme dans une annonce de Febreze tellement tu respires le bonheur. Le lit ou le sofa sont prêts, les oreillers moelleux, les couvertures, le petit qui sort du bain dans son beau pyjama doux et qui sent encore le neuf. Tu t’installes confortablement et regardes les rayons de soleil dans la chambre (ou le salon) en savourant chaque instant. Pour finalement réaliser, un moment donné, que tu as même un petit filet de bave qui te coule sur l’épaule. Le petit s’est endormi pis il semblerait que toi aussi. Vous vous réveillez avec le sourire. La sieste a fait du bien.

3- L’allaitement pressé
L’ainé a son manteau sur le bord de la porte, le sac à couche est prêt à sortir, y’a même ton auto qui roule depuis déjà 10 minutes, mais ton petit dernier, ça y tentait pas de faire un tour de char le ventre vide. Détaches le manteau d’hiver, tasses ton foulard, sors le sein, pis «aweye» bois le petit. Assise dans les escaliers sur le bord de la porte, ton plus vieux chiale que c’est long et menace à tous moments d’ouvrir la porte d’entrée, tu es en retard au souper de famille et si tu n’es pas chanceuse, bébé décidera de te faire un beau caca pendant son boire à ce moment-là de sa vie. Comme s’il t’avait pas déjà assez mise en retard. Pas une seconde à perdre, aussitôt terminé, on se replace la brassière et hop, on part!

4- L’allaitement regretté
Tu dors solidement depuis une bonne heure. Le manque de sommeil te rattrape et les nuits te semblent de plus en plus courtes. Surprise, ton mini se réveille déjà. Il ne devait pas encore dormir 2 bonnes heures lui? Tu te lèves lourdement (TRÈS lourdement), après plusieurs minutes. Puis, tu croises son regard. Le regard du rush de sucre, sauf que lui, il n’a pas pris une miette de sucre. Tu te demandes si tu as mangé du chocolat ou du café avant son dernier boire. Tu sais que tu en as pour un petit bout en tête à tête avec Speedy Gonzales, seulement en le voyant grouiller des pattes frénétiquement. Tu dors debout et lui, il boit plus qu’un animal qui sort d’hibernation. Le genre de moment où les échantillons de préparations reçues par la poste et ton chum qui dort bin dur te font de l’oeil. T’éprouves aucun, nada, zéro plaisir. Tu le fais juste pour que ton petit survive et tu as bien hâte de retourner dans les bras de Morphée.

5- L’allaitement pour avoir la paix
Tu es dans un party de famille, son premier Noël. Ça va être magique qu’ils disaient. Le petit dernier a tout juste 1 mois et les matantes le trouvent bien beau. En fait, elles ont passé la soirée à essayer de te l’arracher des bras et tu commences à être tannée qu’oncle Gérard lui souffle sa boucane dans le visage. Bébé braille de plus en plus, visiblement aussi écoeuré que toi de faire du bodysurfing dans les bras de gens qu’il ne reverra pas avant le Noël d’après. Alors, tu fais ta tigresse, pognes le bébé et vas te cacher dans le sous-sol ou la chambre d’amis. Tu y découvres soudainement un endroit si paisible. Le sous-sol en tapis brun et la tapisserie 1970 ne t’ont jamais semblé aussi beaux. Ça fait une bonne demi-heure que tu es dans ton havre de paix, tu analyses «l’oeuvre» en tricot sur le mur de tante Cécile, ton bébé a définitivement terminé son boire, il dort dans tes bras. Tu pourrais retourner en haut rejoindre les autres, mais tu choisies volontairement de faire semblant d’allaiter encore pour savourer ce moment de zenitude.

6- L’allaitement gênant
Tu es assise dans le salon avec oncle Carol, ton beau-père et le cousin de ton chum, bébé a faim. Ils te disent plein de bonté, t’as juste à allaiter ici voyons! Qu’eux autres, ça ne les dérange pas pantoute! Tu es tout, sauf à l’aise de te sortir un sein en leur présence. En fait, c’est toi qui n’es pas du tout à l’aise dans cette situation. Tu essaies de te défiler, mais ils le prennent presque comme une attaque que tu ne veuilles pas rester avec eux. Alors, tu te caches avec 4 épaisseurs de doudou et un foulard d’allaitement. T’as chaud, tu es inconfortable, bébé lâche le sein 10 fois en ligne, mais c’est pas vrai qu’ils vont te voir le sein ces trois là!

7- L’allaitement «off road»
À un moment ou un autre, tu te retrouves avec un bébé affamé dans une situation pas adaptée à un boire. Dans le parc, dans l’auto à une halte routière, dans une quincaillerie, l’entrée du dentiste ou un stationnement de centre d’achats. Tu te sens «wild», juste à allaiter à cet endroit-là sans trop attirer l’attention. Pire, tu te surprends à trouver une position confortable et tu apprends des trucs pour mieux allaiter dans ton char la prochaine fois. C’est là que tu es contente en maudit d’allaiter, parce que le prochain micro-ondes est plutôt loin pour un biberon.

8- L’allaitement collant
Il fait 35 degrés avec l’humidex, bébé est littéralement collé contre toi. Le lait qui déborde a créé un genre de colle entre vous pour bien souder vos corps et tu sues de la craque. Tu te sens comme un volcan et tu sens le lait qui a eu chaud, l’eau te coule de partout. Tu sais que ton soutien-gorge d’allaitement ne survivra pas à ça et que l’enfiler deux jours n’est plus une option.

9- L’allaitement tranquillisant
Bébé est en mode exploratoire. Il apprend à marcher, fait tomber les livres, tente de mettre ses doigts dans les prises électriques, vole la télécommande et j’en passe. Il a trop d’idées et tu tentes de les stopper sans succès. Tes interventions ne donnent strictement rien. Puis, tu te sens astucieuse en faisant le mouvement de déboutonner ta chemise quand son regard croise le tient. Tel un aimant, bébé arrive à la course, ça y tente de boire, tu viens de gagner 10 minutes de break. Un boire pour ne pas avoir besoin de ramasser des livres par terre, définitivement un bon deal.

10- L’allaitement suce
Bébé n’a pas vraiment soif, mais veut tout de même être allaité. En fait, tout ce qu’il voulait c’était une suce. Too bad, il n’en prend pas de suce! Il aime mieux sa mère. Tu te retrouves donc à te sentir comme une gigantesque tétine. Il tète sans boire, il a du fun plus qu’il mange. Si tu as le malheur de l’enlever de là, il te fera ses yeux malins et une crise du siècle. T’es aussi bien de le laisser faire, c’est moins de troubles. Par contre, si tu n’es pas chanceuse, il tentera de faire ses dents sur toi. Ça, c’est moins cool. Outch!

11- L’allaitement qui tire sur sa fin
Bébé est devenu grand. En fait, tu ne sais officiellement plus quand tu peux encore le qualifier de bébé. Son monde est désormais plus grand que toi. Il a tellement de choses à découvrir. Sa mère n’est plus le centre de son univers. Tu as bien fait ta job de maman, ton petit, il est heureux et s’épanouit merveilleusement bien. À chaque pas, chaque éclats de rire, tu le sais que tu as tout fait pour lui. Chaque boire devient de plus en plus court, tu te sens délaissée. Tu penses à toutes les montagnes russes d’émotions que t’as fait vivre l’allaitement. À son mini corps les premières semaines de votre histoire d’amour. Tu tournes la page en ne comprenant pas trop pourquoi, tu t’étais tant attachée à ces moments fusionnés.

Toi maman qui est à cette 11e étape, sache que je te comprends. C’est un deuil à la fois satisfaisant et nostalgique que de cesser d’allaiter un enfant… Tu as fait ta part, sors donc ce soir pour faire changement!

 

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